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Emploi : Quels métiers vont le plus recruter cette année en France ?

  • Le millésime 2022 des recrutements devrait être bon, selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre parue ce mardi.
  • Les métiers de l’hôtellerie-restauration, les postes saisonniers dans l’agriculture, les professions du soin, les métiers de service aux entreprises seront les plus porteurs cette année.
  • Mais une majorité d’entreprises s’attend à rencontrer des difficultés de recrutement.

« C’est l’année de tous les records », annonce Stéphane Ducatez, directeur des études et de la performance de Pôle emploi. Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2022 * parue ce mardi, les intentions d’embauche des entreprises n’ont jamais été aussi fortes. « C’est la première fois qu’on passe la barre des trois millions de projets de recrutements (+ 12 % par rapport à 2021) », poursuit-il. Une entreprise sur trois a l’intention d’embaucher cette année, contre une sur quatre en 2021.

« On est sur une dynamique très forte, liée à la réouverture de l’économie après les restrictions sanitaires », explique-t-il. Bémol à cet enthousiasme : l’étude ayant été réalisée avant la guerre en Ukraine, elle ne tient pas compte d’un éventuel ralentissement du marché de l’emploi dans les prochains mois. Mais pour l’heure, les indicateurs ne signalent pas de détérioration : « Si l’on regarde les offres déposées à Pôle emploi en mars 2022, on enregistre toujours un nombre record », constate Stéphane Ducatez. La qualité des emplois s’améliore aussi, car 71 % des projets d’embauche concernent des emplois durables (CDD de plus de 6 mois ou CDI). Et la part de CDI a progressé de 20 % par rapport à 2021. Comme toujours, ce sont les PME qui sont les plus grosses pourvoyeuses, puisque 70 % des projets de recrutement émanent d’entreprises de moins de 50 salariés.

Et les métiers qui recrutent le plus sont…

Les secteurs qui caracolent en tête demeurent les services, le commerce, l’industrie, la construction, l’hôtellerie-restauration et l’agriculture. Et 20 métiers s’affichent comme les plus porteurs en 2022. On y retrouve ceux de l’hôtellerie-restauration (serveur, cuisinier, employé de cuisine ou de l’hôtellerie…), les postes saisonniers dans l’agriculture (viticulteur, arboriculteur, cueilleur…), les professions du soin (aide soignant, aide à domicile, infirmier…), les métiers de service aux entreprises (agent d’entretien, ouvrier non qualifié de l’emballage, manutentionnaire…), les métiers de la construction (couvreur, plombier, menuisier, chaudronnier, soudeur, peintre) et ceux de la vente (employé de libre-service, vendeur…).

Et pour les personnes qui ont des envies de déménager après l’expérience des confinements, la géographie des régions les plus dynamiques concernant les recrutements est intéressante. L’Ile-de-France, le Sud, la Bretagne et le Grand-Est sont dans le peloton de tête.

Pas sûr que l’offre corresponde à la demande

Ces belles perspectives pourraient cependant être contrariées par la réalité complexe du marché du travail. Car si, dans un monde idéal, chaque poste proposé devrait correspondre à un demandeur d’emploi, ce n’est pas toujours le cas. Pôle emploi anticipe déjà des difficultés de recrutement en hausse cette année, et qui pourraient concerner 57,9 % des projets de recrutement (contre 44,9 % en 2021), touchant particulièrement les PME.

« Dans les petites entreprises, c’est souvent le patron qui recrute, faute de service RH. Or, il n’a pas toujours le temps de le faire. Il existe aussi parfois un problème de pertinence des candidatures, de déficit d’image du métier ou de conditions de travail jugées difficiles », constate Stéphane Ducatez. Et en période de redémarrage économique, beaucoup d’entreprises recrutent en même temps, ce qui crée des tensions. Les métiers qui sont le plus difficiles à pourvoir sont ceux de la construction et du soin.

Des solutions pour créer des rencontres professionnelles heureuses

Pour tenter de remédier à cette situation, les entreprises font appel à Pôle emploi ou à des cabinets de recrutement. « Lorsqu’un employeur est en proie à une insuffisance de candidats, nous avons recours au recrutement par simulation , qui permet d’élargir le vivier en repérant des demandeurs d’emploi ayant la capacité d’occuper un poste même s’ils n’ont pas le diplôme ou l’expérience ad hoc », explique Catherine Poux, directrice des services aux entreprises de Pôle emploi.

Autre possibilité : former des demandeurs d’emploi aux métiers en tension. L’an dernier, Pôle emploi a financé 76.000 formations de ce type, et les Conseils régionaux le font aussi. Le Centre d’excellence des professions culinaires accueille ainsi chaque année de nouveaux apprenants : « Ce sont des demandeurs d’emploi ou des adultes en reconversion qui découvrent un nouveau métier passionnant », explique Xavier Geoffroy, le directeur général.

S’immerger en entreprise pour mieux la connaître

Pour résoudre le problème de déficit d’image de certains métiers, Pôle emploi propose aux demandeurs d’emploi des périodes d’immersion en entreprise. Camaïeu s’est prêté à cet exercice : « Nous avons déjà ouvert nos magasins à 17 personnes pendant une à deux semaines. C’est une durée suffisante pour déterminer si le métier de vendeur leur plaît », indique Audrey Gaspard Kponton, responsable recrutement de l’enseigne.

Certaines branches, comme l’hôtellerie-restauration, travaillent aussi de leur côté à améliorer leur attractivité. Une nouvelle grille des salaires a ainsi été proposée en décembre dernier. Un élément important pour les futurs postulants.

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