Accueil Finance et Marchés Jean-Pierre Jouyet attendu au conseil d’administration de l’assureur Covéa

Jean-Pierre Jouyet attendu au conseil d’administration de l’assureur Covéa

L’ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Hollande deviendrait administrateur référent de Covéa (GMF, MAAF, MMA), sous réserve du feu vert de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Le recrutement est inattendu. Jean-Pierre Jouyet, 67 ans, ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Hollande, son ami de jeunesse, ex-secrétaire d’Etat aux affaires européennes sous Nicolas Sarkozy, et mentor d’Emmanuel Macron, devrait rejoindre prochainement le conseil d’administration de l’assureur mutualiste Covéa, à la tête des enseignes GMF, MAAF et MMA. Révélé par La Lettre de l’expansion, le choix de M. Jouyet a été confirmé au Monde, sous réserve qu’il obtienne le feu vert de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), désormais chargée du contrôle déontologique de la mobilité public-privé. Cette nomination devra ensuite être validée par le conseil d’administration de l’assureur.

C’est Thierry Derez, le PDG de Covéa, qui a sollicité le haut fonctionnaire, ancien directeur du Trésor et de la Caisse des dépôts, pour lui proposer le rôle d’administrateur référent. Une fonction qui n’aurait rien d’une sinécure, tant les dernières années traversées par le premier assureur dommages des Français ont été agitées. Depuis l’été 2018, deux des principaux acteurs français de l’assurance se déchirent, dans un combat sans merci : d’un côté le réassureur français Scor, dirigé par Denis Kessler, de l’autre Covéa, son premier actionnaire.

Une fonction qui n’aurait rien d’une sinécure, tant les dernières années traversées par le premier assureur dommages des Français ont été agitées

L’affaire débute lorsque Covéa propose au conseil d’administration de Scor de racheter le réassureur pour 8 milliards d’euros. Denis Kessler en prend ombrage, rejette l’offre et soupçonne Thierry Derez d’avoir détourné des informations confidentielles, obtenues en sa qualité d’administrateur et membre du comité stratégique du réassureur. Il décide de porter l’affaire devant la justice. Les 5 et 6 juillet prochain, se tiendra devant le tribunal correctionnel de Paris un procès pénal à l’encontre du PDG de Covéa pour abus de confiance, dont l’issue sera décisive pour son avenir à la tête du groupe mutualiste.

Le patron de Covéa a voulu donner des gages

C’est dans ce contexte que le superviseur des compagnies d’assurance, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), se penchant à l’occasion d’un contrôle sur la gouvernance de Covéa, a pointé une forte concentration des pouvoirs entre les mains de son PDG. Un appel à la réforme, réitéré l’été 2020, lorsque l’ACPR a publié, le 15 juillet, un communiqué recommandant à l’ensemble des assureurs « la séparation des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général ».

A défaut de se soumettre à cette préconisation, le patron de Covéa a voulu donner des gages au « gendarme » des assureurs, en décidant de faire rentrer au conseil de Covéa un administrateur référent « au parcours remarquable », en la personne de Jean-Pierre Jouyet, « pour apporter un équilibre à l’intérieur du conseil, indique une source en interne, et un regard extérieur sur la gouvernance ».

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