Accueil Économie Le déficit commercial français s’est fortement détérioré en 2020

Le déficit commercial français s’est fortement détérioré en 2020

L’année 2020 restera une année difficile pour le commerce extérieur français, marqué, sans surprise, par un déficit qui s’est creusé. Ainsi, le déficit 2020 s’élève à 65,2 milliards d’euros. La balance commerciale se détériore ainsi de 7,3 milliards d’euros par rapport à 2019, pénalisée par « une diminution généralisée des exportations, en particulier dans les secteurs aéronautique et automobile », selon les Douanes.

« En lien avec les effets du premier confinement, la dégradation des échanges est particulièrement marquée au premier semestre, avant une reprise progressive au cours de la seconde moitié de l’année, jusqu’à atteindre un niveau proche de celui de 2019 en fin d’année », a commenté le ministre délégué au Commerce extérieur, Franck Riester, dans un communiqué distinct. Si la France a été pénalisée par sa spécialisation sectorielle (aéronautique, automobile et tourisme), elle a aussi payé le prix de la désindustrialisation engagée il y a 20 ans, notamment dans le secteur du textile.

Ainsi, les importations de masques de protection ont pesé lourd dans la balance (à hauteur de 5,9 milliards d’euros) et contribué à aggraver le déficit français avec l’Asie : il atteint 9,6 milliards d’euros, dont 6,6 milliards avec la Chine. Certes, la baisse des prix du pétrole et la chute de l’activité entraînée par les restrictions ont permis d’alléger la facture énergétique de 19 milliards.

Une « chute d’ampleur inédite »

Mais cela n’a pas suffi à compenser « la chute d’ampleur inédite », selon les Douanes, des livraisons d’avions ou de moteurs : après « le record historique des ventes » de 2019 (64,3 milliards d’euros), elles ont diminué de 45,5 % pour s’établir à 35 milliards d’euros. Ou de l’automobile (- 18,7 %, à 40 milliards d’euros), qui remontait pourtant la pente depuis 2014. En réalité, du côté des exportations, seules les ventes de produits pharmaceutiques ont progressé (de 4,7 %), pour atteindre le « record historique » de 35,5 milliards d’euros.

Un déficit des biens qui s’alourdit d’un côté, un excédent des services qui se réduit de l’autre : résultat, le déficit des transactions courantes a atteint 53,3 milliards d’euros, « après une détérioration historique de 37 milliards d’euros par rapport à 2019 », selon la Banque de France. Autre point fort de la France, « le tourisme international est tout particulièrement affecté avec une perte d’excédent annuel de près de 7 milliards d’euros », note la banque centrale.

Si tous les pays ont subi le ralentissement des échanges commerciaux mondiaux en 2020 (de 9,6 %, selon le FMI), certains ont tiré leur épingle du jeu. C’est le cas de la Chine, dont les exportations de produits sanitaires contre le Covid-19 et électroniques ont augmenté. L’Hexagone, en revanche, « a perdu des parts de marché en 2020 », selon les Douanes. Le gouvernement trouve cependant des raisons d’espérer dans les chiffres du quatrième trimestre, qui a vu le déficit commercial se réduire de 7,7 milliards par rapport à 2019.

Des espoirs, avec l’agroalimentaire

« Sur les marchés export, la France reste très compétitive en matière agroalimentaire » et, avec l’aéronautique et l’automobile, « ce sont les trois grands secteurs qui portent l’espoir en ce moment », confirme Guillaume Vanderheyden, le sous-directeur des douanes. Le gouvernement mise aussi sur les effets du plan de relance à l’export, doté de 247 millions d’euros, pour encourager les 128 000 exportateurs français, en majorité des PME et ETI, à continuer à se projeter à l’international. Une aide qui s’est ajoutée aux plans de soutien sectoriels en faveur de l’aéronautique (15 milliards), de l’automobile (8,5 milliards) et du tourisme (18 milliards) mis en place à partir de mars.

« La volonté du gouvernement de faire démarrer le plan de relance dès octobre a donné un coup de fouet à l’appareil exportateur », a assuré à l’AFP Christophe Lecourtier, directeur général de Business France. À ce jour, 2 500 entreprises ont déjà bénéficié du « chèque relance export », qui permet de diminuer de moitié les frais de prospection, comme la participation à un salon, virtuel ou réel.

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