Accueil Épargnes L'épargne des Français, un pactole dopé par la crise du Covid-19

L’épargne des Français, un pactole dopé par la crise du Covid-19

Les Français ont épargné 142 milliards d’euros de plus que d’habitude pendant la pandémie. Le gouvernement, en quête de rentrées fiscales, espère que les foyers dépenseront ce surplus d’épargne qui représente un gisement potentiel énorme de croissance.

Plus d’un an après l’arrivée du virus dans l’Hexagone, les Français ont accumulé des montagnes de cash. La multiplication des périodes de confinement et des mesures de restriction ont limité les possibilités de consommer. Résultat, les Français ont épargné environ 142 milliards d’euros de plus qu’en temps normal entre la fin du premier trimestre 2020, et la fin du premier trimestre 2021, a estimé mardi la Banque de France.

Un levier pour la croissance

L’enjeu de ce pactole est immense: le gouvernement espère que les Français dépenseront largement cette épargne dans des produits ou des services en France pour soutenir l’activité et atteindre les 5% de croissance économique visés pour cette année. En effet, si les Français dépensaient 20% de l’épargne accumulée pendant la crise sanitaire, la croissance du PIB atteindrait 6% en 2022, affirmait le 15 avril une étude de l’OFCE, qui estimait que l’« épargne-Covid » devrait représenter environ 160 milliards d’euros.

Selon une note de la banque centrale, le surplus d’épargne, calculé par rapport aux « flux qu’on aurait obtenus en prolongeant la tendance pré-Covid », s’est constitué surtout lors des mois de confinement en 2020, c’est-à-dire en mars, avril, mai et novembre et « son accumulation s’est poursuivie au premier trimestre 2021 ».

Le taux d’épargne des Français a en effet atteint un plus haut, à 26,8%, au deuxième trimestre 2020, date du premier confinement, selon les données Eurostat du 12 janvier. L’épargne brute a alors quasi-doublé par rapport au deuxième trimestre 2019. A l’été 2020, à la sortie du premier confinement, les Français ont profité de ce vent de liberté pour partir en vacances et consommer. Puis, à partir du quatrième trimestre 2020, la situation sanitaire s’est de nouveau aggravée, et les Français qui le pouvaient ont mis de l’argent de côté.

Toutefois, lors de la troisième vague, « selon les premières indications disponibles il n’y a pas eu d’accélération notable de cette accumulation en avril avec la fermeture des commerces non essentiels, dans l’ensemble de la France », poursuit le document. Sur l’ensemble de l’année 2020, qui comprenait donc deux mois et demi sans Covid-19, ce surplus avait été estimé à 115 milliards d’euros.

Résultat, les dépôts sur les comptes à vue et sur le Livret A ont bondi pendant la crise sanitaire à des niveaux jamais vus, profitant à la fois de l’impossibilité pour les Français de consommer et de leur volonté de se prémunir face à l’avenir dans un contexte de crise sanitaire et économique.

L’épargne enflamme les débats

Ce surcroît d’épargne alimente les débats, et plus précisément la question de sa possible taxation. Certains élus de gauche et des économistes proposent en effet d’instaurer une taxe exceptionnelle, dite « covid », sur les ménages les plus aisés, qui sont ceux qui ont le plus épargnés, ou sur les entreprises qui ont tiré partie de la crise, comme les géants de la distribution.

De son côté, et pour mettre fin aux spéculations, Bruno Le Maire a affirmé le 1er mars écarter « une nouvelle fois clairement et définitivement toute taxation de l’épargne des Français », lors d’une conférence de presse. Toutefois, transformer cette épargne en consommation ou en investissement dans les entreprises sera un des « défis » de la reprise économique, a-t-il jugé, à l’instar de nombreux économistes.

Laisser un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here