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Lyon : Des vêtements adaptés aux séances de chimiothérapie pour « redonner de l’estime de soi » aux patients

  • En 2018, Angéline Ribadeau-Dumas apprend qu’elle a un cancer du sein. Lors de sa première séance de chimiothérapie, elle se rend compte que les habits « classiques » ne sont pas du tout adaptés.
  • Elle va alors créer Rue du Colibri, une ligne de vêtements appropriés au parcours de soins des personnes atteintes de cancers.
  • Mercredi, Angeline Ribadeau-Dumas sera présente au centre Léon-Bérard de Lyon pour le salon des « K-fighteuses » qui met en avant les femmes ayant su rebondir pendant ou après la maladie.

En 2018, la vie d’Angéline Ribadeau-Dumas bascule lorsque l’on lui annonce qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Installée à Villeurbanne, elle est à l’époque directrice marketing et commerciale d’une entreprise de puériculture et vient de terminer un executive MBA (Master of business administration) en marketing. Commence alors le parcours de soins et le premier jour du reste de sa vie.

De la maladie, Angéline va tirer la force de rebondir et de se lancer dans une nouvelle carrière au service des malades. Elle sera d’ailleurs présente ce mercredi au centre Léon Bérard de Lyon pour le salon des «K-fighteuses» mettant en avant le parcours des résilientes.

La gêne de se dévêtir

Lors de la première séance de chimiothérapie, la jeune femme se retrouve dans une situation qu’elle n’avait pas imaginée. L’infirmière lui demande de se déshabiller car ses vêtements ne facilitent pas la pose du port à cath (PAC), un petit boîtier positionné sous la peau au niveau de la poitrine et relié à un cathéter. « J’ai reçu cela un coup de massue, se rappelle-t-elle. Nous étions 8 dans la pièce, j’ai trouvé cela gênant voire humiliant ». D’autant que les séances durent entre quatre et six heures.

Une fois le coup encaissé, lui vient l’idée de créer des vêtements adaptés pour éviter d’être à moitié nue et d’avoir froid. Tout simplement pour se sentir mieux. Elle sort son carnet, qui ne la quitte jamais, et fait un croquis d’un habit doté de boutons à pressions au niveau de l’épaule.

« C’était une question de dignité »

Très vite, elle montre l’idée à une collègue afin de lancer un prototype car Angéline continue de travailler pendant son traitement. « C’était ça où je sombrais », se confie-t-elle. Puis, elle se rend aux séances de chimiothérapie, vêtue d’un premier modèle. Histoire de le tester en conditions réelles et de vérifier que les boutons puissent bien se refermer autour du cathéter. « Ça a changé mon parcours de soins, c’était une question de dignité », appuie Angéline.

Illustration d'un vêtement, rue du Colibri, adapté à la chimiothérapie
Illustration d’un vêtement, rue du Colibri, adapté à la chimiothérapie – Rue du Colibri

Une fois sa chimiothérapie terminée, la directrice marketing fait appel à Lucie Gueyffier, rencontrée sur les bancs de l’école. Toutes les deux vont officiellement lancer Rue du Colibri, la marque de vêtements adaptés à la chimiothérapie. Elles ont une seule idée en tête : « que les personnes qui passent après moi soient soignées dans les meilleures conditions possibles », clame Angéline Ribadeau-Dumas. « Si je peux apporter ma petite pièce à l’édifice et leur redonner de l’estime de soi, j’aurais déjà tout gagné », confie-t-elle.

Les soignants aussi sont conquis

Dès le début, l’idée d’Angéline Ribadeau-Dumas attire la curiosité des autres patients mais aussi des soignants qui lui font part de leur approbation et de pistes à développer. Grâce à leurs retours, elle s’est rendu compte que ses vêtements peuvent être utilisés pour d’autres traitements nécessitant des perfusions, comme les dialyses.

Les habits de Rue du Colibri, qui s’adressent aussi bien aux femmes qu’aux hommes et aux enfants, sont vendus en ligne et dans plus de 60 points en France, chez des perruquiers et dans certaines pharmacies.

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