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Régionales : En marche boucle la désignation de ses chefs de file, sans grande illusion

La République En marche aura désigné cette semaine tous ses chefs de file pour les élections régionales de juin prochain. Tous ne deviendront pas têtes de liste, plusieurs d’entre elles devant revenir à des alliés du parti présidentiel. Le scrutin s’annonce difficile pour la majorité.

Pas d’illusion à La République En marche. Pour les élections régionales qui doivent avoir lieu en juin prochain, personne ne part la fleur au fusil. « La situation de départ est connue, relève un cadre du parti. Les présidents sortants sont favoris, il est difficile de les déloger, surtout en temps de crise. » Crise sanitaire oblige, des poids lourds du gouvernement ont renoncé à se lancer dans la bataille comme têtes de liste de la majorité présidentielle, comme le ministre de la Santé Olivier Véran, en Auvergne-Rhône-Alpes, ou encore celui de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, en Ile-de-France.

Mais LREM réfute de vouloir enjamber ce scrutin. Pour jouer le match et peser dans certaines régions ; pour remobiliser la base militante ; pour s’appuyer aussi – cela n’a pas toujours été le cas lors des scrutins précédents – sur les partenaires de la majorité. Et puis, difficile, à moins d’un an de l’élection présidentielle, de faire totalement l’impasse. Les plus optimistes avancent même que les électeurs peuvent très bien voter pour un président de région sortant de droite ou de gauche et voter ensuite pour Emmanuel Macron à la présidentielle. Deux scrutins, deux questions différentes, disent-ils.

Pietraszewski, Bonnell, de Rugy…

En attendant, LREM a désigné ses chefs de file, dont certains ont vocation à devenir tête de liste et d’autres à se mettre dans la roue d’un homologue des autres partis de la majorité (Modem, Agir ou Territoires de progrès). La semaine dernière, le secrétaire d’Etat chargé des Retraites et de la Santé au travail, Laurent Pietraszewski, a été choisi dans les Hauts-de-France, le député LREM du Rhône, Bruno Bonnell, en Auvergne-Rhône-Alpes. Tous deux devraient devenir têtes de liste. En Bourgogne-Franche Comté, le député LREM Didier Paris a été désigné. Mais c’est le maire LREM de Nevers, Denis Thuriot, qui est pressenti pour être tête de liste de la majorité présidentielle, le maire (Agir) de Vesoul, Alain Chrétien, pressenti également, souhaitant rester maire de sa ville.

Dans le Grand Est, c’est la secrétaire d’Etat à la Biodiversité, Bérangère Abba, qui est chargée de « coordonner » le scrutin. Dans les Pays de la Loire, la bataille sera menée par l’ex-ministre et ex-président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, très implanté.

Partenaires têtes de liste

En Centre-Val-de-Loire, en Nouvelle-Aquitaine et en Bretagne, LREM a aussi ses chefs de file : respectivement le député LREM Daniel Labaronne, le député LREM Florent Boudié, et l’eurodéputé Pierre Karleskind. Mais le drapeau de la majorité présidentielle devrait être porté par le Modem en Nouvelle-Aquitaine et en Centre-Val-de-Loire, avec les ministres Geneviève Darrieussecq et Marc Fesneau.

Et en Bretagne, ce sera l’ex-PS Thierry Burlot, vice-président de la région chargé de l’environnement, et proche de Jean-Yves Le Drian qui devrait porter les couleurs. En Normandie et en Occitanie, LREM a mis en place comme chefs de file deux binômes : l’eurodéputée Stéphanie Yon Courtin et l’ex-ministre de l’Agriculture et député Stéphane Travert en Normandie où le maire de Caudebec-lès-Elbeuf, Laurent Bonnaterre, membre de Territoires de progrès, pourrait être la tête de liste et les députés Françoise Dumas et Jean-René Cazeneuve en Occitanie. De la place, donc, pour les partenaires.

Fort risque RN

Après le forfait de Jean-Michel Blanquer, c’est le rapporteur général du budget à l’Assemblée, Laurent Saint-Martin qui reprend les gants en Ile-de-France. Mais le secrétaire général du Modem, Jean-Noël Barrot, chef de file pour le parti de François Bayrou, a manifesté son intérêt , « surtout pour sécuriser ses troupes et négocier les places », veut croire un cadre de LREM, le Modem comptant 13 élus sortants dans la majorité de la présidente ex-LR, Valérie Pécresse.

Reste le cas très délicat de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec un fort risque RN : c’est le transfuge de LR Thierry Mariani qui a été désigné par le parti de Marine Le Pen. Ce qui risque de rendre compliqué pour le président sortant LR, Renaud Muselier, toute alliance éventuelle avec la majorité. LREM doit choisir cette semaine son chef de file. Le nom de la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, Sophie Cluzel, circule. « Cela fait partie des pistes, mais rien n’est encore tranché, assure un bon connaisseur du dossier. Il faut prendre le temps de réfléchir. »

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